Reflet est un conte moral. Après
les spectacles déambulatoires Au coin de la rue Marengo et 3, rue Henri Moreau, qui entraînaient les spectateurs dans des labyrinthes, Geoffroy Mathieu
s'empare du plateau pour observer y vivre une communauté humaine où ma télévision viendrait d'imploser.
Quelque part, perdu au-delà de tout regard, vivent des êtres renfermés sur eux-mêmes, dans des nids protecteurs qu'ils ont construits de bric et de broc. Ils se défient d'un
monde où ils ne trouvent pas leur place, d'une société qu'ils ont fuie et qu'ils n'appréhendent qu'à travers leurs télés.
Ainsi passent leurs jours, immuables et vides.
Mais un soir, l'ordre de ce petit monde s'écroule quand la boîte à images tombe en panne. Panique, angoisse,
terreur... Que vont-ils devenir sans elle ?...
Leurs yeux se décillent et, dans le reflet d'un vieux miroir, ils découvrent qu'au-dehors de leurs cabanes vivent d'autres êtres, aussi abandonnés qu'eux-mêmes.
Les personnages sont alors entraînés dans un tourbillon où se mêlent peurs, joies, désillusions et désirs dans des atmosphères tour à
tour poétiques, drôles, oniriques...
Les personnages délabrés , cabossés, ont toutes les maladresses de ceux
qui veulent aimer ou être aimés, de ceux qui ont à dire et savent entendre et dont les regards, s'ils sont embués de larmes, témoignent d'un humour à fleur de peau, indissociablement lié à
l'humain.
Les paroles sont rares dans Reflet, nécessaires et fulgurantes ; elles donnent toute leur place au langage du corps et
aux émotions portées par les personnages.
Poursuivant le travail théâtral du spectacle déambulatoire 3,rue Henri Moreau, Geoffroy Mathieu a choisi de continuer
avec la même équipe de comédiens, en s'appuyant sur le potentiel de créativité de chacun et de tous, pour aboutir à cette proposition artistique.
Avec Reflet, la compagnie abandonne la référence au texte dramatique, et utilise ce nouvel espace de liberté comme outil de réflexion et de création.
Les comédiens, sur la base d'improvisations et de construction d'éléments de décor, de costumes et d'accesoires, ont proposé un matériau dramatique, sonore et plastique,
dont Geoffroy Mathieu s'est emparé progressivement pour élaborer un langage commun, une histoire, et dessiner une forme théâtrale globale nourrie des univers singuliers des interprètes.